GÉRER MES INSÉMINATIONS EN CAS DE FORTES CHALEURS

vaches dans un pré s'abreuvant sous un ciel bleu

Le réchauffement climatique est de plus en plus marqué. Depuis plusieurs années, on observe un dérèglement des saisons. Mai et Juin 2022 ont établi de nouveaux record de chaleur en température moyenne nationale mensuelle sur la période 1946-2022. Des pics de chaleurs se font remarquer à moment anormale de l’année et les étés sont de plus en plus chauds. En France, le stress thermique joue de plus en plus un rôle dans la baisse de production mais aussi dans la fertilité des troupeaux bovins. Les conséquences sont multiples sur les troupeaux. En revanche, certains pays chauds ont déjà mis en place des systèmes ou des gestions de troupeau pour limiter l’effet du stress thermique. 

Comment la chaleur influe-t-elle sur la fertilité des vaches ?

Pour commencer, la vache fait partie de ces espèces qui régulent leur température corporelle. Beaucoup d’études divergent pour savoir à quelle température la vache laitière se situe en stress thermique. Dans tous les cas, le calcul reste le même, il faut mesurer l’ITH (Indice Température / Humidité). De nombreuses études se mettent quand même d’accord pour dire que  la température optimale pour une vache laitière se situe entre 5°C et 15°C. Pour ce qui est du stress thermique, le moment où la vache va avoir trop chaud et sa productivité va en être impactée négativement. Les différentes études donnent différents résultats, la fourchette basse se situerait au-dessus de 20°C, à la fourchette haute au-dessus de 25°C. 

Les effets de la chaleur vont être multiples. Car la vache produit de la chaleur en déclenchant ses métabolismes : d’ingestion, de production et de reproduction. Mais aussi lorsqu’elle se déplace et lorsqu’elle se couche. Donc pour réguler sa chaleur corporelle, la vache va ralentir ses métabolismes ce qui va amener à pertes de performances en production, en reproduction mais aussi capacité d’ingestion. Pour finir, la vache va limiter ses déplacements pour se nourrir et rester plusieurs heures debout sans se coucher ce qui va jouer sur la fatigue et sa rumination.

Baisse de production

On observe des pertes de lait (-10 à -40%), des baisses de GMQ (-250 à -400gr/jour)

Risques santé

Baisse de l'immunité à cause du stress thermique dans un environnement chaud qui favorise le développement microbien

Chûte de la fertilité

Perturbation des flux hormonaux, avortements, remontée des spermatozoïdes difficile, spermatogénèse, etc...

Si on se concentre sur la fertilité. Les fortes chaleurs pour les vaches laitières vont diminuer les expressions de chaleurs et favoriser la hausse de la mortalité embryonnaire. Chez le taureaux, il est constaté que le nombre et la motilité des spermatozoïdes diminuent fortement en présence de hautes températures. Une étude a démontré que lorsque la température dépasse les 27°C, les vaches d’origine européenne présentent dans des climats tempérés – semi tropicales recherchaient l’ombre et donc diminuent leurs apports nutritionnelles. Par conséquent, leur développement corporel se fait très lentement et la maturité sexuelle en est retardée (1).

Pour résumer, la chaleur est un facteur limitant pour la fertilité. Une étude en Espagne a montré que les résultats des constats de gestation en IAP (Insémination Artificielle Première) étaient de 43% sur la période Octobre à Avril contre seulement 22% de réussite sur la période chaude de mai à septembre (2). 

inseminateur tenant un pistolet d'ia prêt à inséminer dans une stabulation bovine

Les différentes solutions existantes pour limiter les risques de stress thermique !

Plusieurs études ont été réalisées partout dans le monde afin de trouver des solutions pour pallier les stress thermiques. Cela va de la conduite du troupeau, à l’aménagement des étables, de la génétique ou bien de la technologie.
troupeau bovin dans le pre vache et son veau
Adaptation de la conduite de troupeau pour palier aux fortes chaleurs
Dans les pays chauds dépourvus de système de ventilation. Des éleveurs laitiers font le choix de vêlage groupé au printemps. Le reproduction aura lieu seulement de septembre à décembre pour favoriser la fécondation des animaux. Des éleveurs pratiquent la synchronisation des chaleurs pour pouvoir grouper les vêlages. Ces vaches ne seront pas sujettes aux stress thermique à cette période de l’année.
Aménagement des bâtiments pour réduire l’impact des hautes températures
Il faut éviter la surpopulation des étables pour que les vaches aient de l’espace. Tout particulièrement pour les génisses qui sont généralement plus sensibles aux fortes chaleurs. L’accès à l’eau potable et fraîche est aussi très important lors de cette période de l’année. Pour finir, la ventilation du bâtiment est extrêmement importante.
batiment vache bovin prim holstein aeration
Monsieur reproduction information devant pupitre

Une étude en Israël a été réalisée dans plusieurs fermes avec différents systèmes de ventilation :

  • Sans ventilation
  • Ventilation 5 fois par jour pendant 30 minutes
  • Ventilation toute la journée

La ventilation 5 fois par jour pendant 30 minutes permet aux vaches de garder une température corporelle stable mais n’améliore pas significativement la fertilité. En revanche, pour les vaches hautes productrices avec une ventilation permanente les résultats sont plus prometteurs. Ils ont constaté une diminution de moitié de la variation de saisonnalité (4).

Donc pour les vaches hautes productrices, le système de ventilation “intensive” permet de réduire les écarts de performances entre l’hiver et l’été.

eleveur et technicien sur logiciel suivi du troupeau pour decision

Le génotypage/génétique pour lutter efficacement contre la chaleur

La sélection grâce au génotypage est aussi importante car il peut y avoir une sélection des animaux faite pour limiter le stress thermique. La sélection doit se faire sur les caractères fonctionnels, la fertilité et la santé de ma mamelle. Ensuite il est intéressant de noter que les vaches à grand gabarit vont être plus assujetties au stress thermique car cela demande plus d’énergie pour se déplacer de par leurs poids. Donc des vaches plus petites et plus en largeur seront plus adaptées à des températures en hausse. Comme évoqué précédemment, les vaches restent plus longtemps debout car elles évacuent mieux la chaleur. Il est aussi conseillé de bien vérifier les aplombs de l’animal pour éviter tout risque de blessure. Pour finir, l’état corporel de la vache est à surveiller. Les vaches avec une mauvaise note d’état corporel seront beaucoup plus impactées par les fortes chaleurs (5).
Les pays chauds ont eu beaucoup de mal à importer des races issues de climats tempérés car le stress thermique était trop marqué. En Israël et dans d’autres pays chauds, ils n’ont pas hésité à croiser des Holstein avec des races locales adaptées aux climats de ces zones. La génération suivante était plus résistante mais aussi avec une production de lait intéressante (3). Suivant la stratégie de l’élevage, le croisement entre deux ou plusieurs races est aussi une alternative pour remédier aux problèmes de fertilité et à la résistance aux fortes températures.

Les technologies au service de l’insémination pour réduire la chûte de fertilité lié à la chaleur 

echographie prim holstein inseminateur avant xtremia

L’échographie pour une action en amont !

En effet, une bonne gestion de la reproduction du troupeau est primordiale. Déjà une gestion de manière préventive avec l’échographie. Les échographies permettent de faire un constat sur la fertilité du troupeau. Il sera plus facile de détecter les vaches à problèmes pour la réforme ou de prévoir un plan pour améliorer la fertilité du troupeau.
xtremia insemination profonde sur prim holstein

l’XtremiA® pour maximiser sa fertilité !

Ensuite, il est possible d’inséminer avec l’outil d’insémination profonde XtremIA. Cela consiste à réaliser une insémination au fond de la corne utérine du côté de l’ovulation et s’abstreindre ainsi du soucis de remonté des spermatozoïdes dans la corne utérine !

Le second avantage de cette technique est de coupler le geste à la réalisation d’une échographie avant IA essentielle pour savoir de quel côté de la corne utérine déposer la semence.

Suite au dérèglement climatique, les périodes de fortes chaleurs seront de plus en plus longues et interviendront aussi à des moments inédits. Il est important d’avoir tous les outils en main pour prévoir les situations afin que la production et la fertilité soient impactées le moins possible. Le stress thermique est bien une cause de la baisse de fertilité de nos troupeaux aujourd’hui. En revanche, d’autres facteurs sont tout aussi importants à maîtriser tels que la gestion du troupeau, l’environnement, la production et l’opérateur.

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Sources :

(1) La variation saisonnière de la reproduction des bovins domestiques en zones tropicales – Synthèse. Christian Meyer. 2009

(2) Factors of an infectious nature affecting fertility after artificial insemination in lactating dairy cows. A review. F. Lopez-Gatius. 2011

(3) Are adaptations present to support dairy cattle productivity in warm climates ? A. Berman. 2011

(4) Management of Heat Stress to improve Fertility in Dairy Cows in Israël. I. Flamenbaum et N. Galon. 2010

(5) Quelle génétique pour avoir une vache résistante aux fortes chaleurs ? XR repro. 2021

 

L’ÉCHOGRAPHIE, L’OUTIL INCONTOURNABLE EN ÉLEVAGE : QU’EST-CE QUE LE DOPPLER ?

 

En 2019, on comptait 6 546 vétérinaires ruraux en France, ces vétérinaires, loin des machines fixes de leurs confrères des villes, se dotent eux aussi d’outils tels que les échographes derniers cris ! L’échographie en reproduction bovine aujourd’hui est devenue l’outil diagnostic principal :  la sélection du côté ovulatoire, la détection des endométrites, la sélection des donneuses et receveuses d’embryons, la datation de l’embryon dès 30 jours après fécondation, l’évaluation de cet embryon, la présence de jumeaux ou plus, toutes les pathologies ovariennes (kystes, ..) et bien d’autres. Bien que stabilisée après plusieurs décennies de chute, la fertilité des bovins reste très basse, 39,7% pour les Prim Holstein ou 52,6% pour les Montbéliardes (Le Mezec et al. 2017), l’évolution technologique du matériel ont permis aux vétérinaires de pouvoir diagnostiquer plus finement et rapidement les problèmes et ainsi proposer à l’éleveur des solutions adéquates et efficaces pour éviter que ce dernier ne perdent trop de temps et d’argent pour la mise à la reproduction de son cheptel. Au-delà de cela, le Liberty Scan est le seul échographe portable à ce jour à proposer un module d’analyse de l’activité des ovaires : le Doppler.

“Après mes études vétérinaires, je suis rentré en mai 1989 aux services de la coopérative wallonne : l’ AWE (association wallonne des éleveurs). Les premiers échographes sont arrivés autour de 1995 et j’ai directement embrayé dans l’achat : un genre d’immense télévision dans une brouette et une rallonge électrique pour l’alimentation !

J’ai ensuite investi dans des échographes plus portables (d’abord 800 grammes jusqu’au  poids d’un ipad aujourd’hui avec le liberty scan !)  Est venu se greffer pour ces suivis des bases de données de plus en plus complètes avec des interfaces avec les fédérations de lutte contre les maladies du bétail  (ARSIA).  Depuis 2008, l’éleveur qui donne l’autorisation de récupération de ses données nous donne l’occasion d’encoder facilement sur un smart phone les diagnostics, d’avoir accès aux données d’accouplement, de contrôle laitier et donc de pouvoir apporter un conseil de plus en plus professionnel à l’éleveur.   Le petit bijou commercialisé par AXCE actuellement, le liberty scan , nous donne la possibilité d’obtenir des images extraordinaires d’un précision au mm ; la netteté des structures ovariennes, du contenu ovarien sont sans pareille pour un prix maîtrisé, cet appareil nous permet également d’obtenir des images avec le Doppler.  Maîtriser l’échographie de surcroît avec un bon appareil, c’est devenir un partenaire pour l’éleveur et la gestion de son élevage.”

Bernard Christiaens – Vétérinaire Innovéo

“L’échographie Doppler est utilisée dans l’examen non invasif des vaisseaux sanguins. Elle repose sur l’effet Doppler : lorsqu’une source d’onde est en mouvement, la fréquence de l’onde qu’elle émet varie selon le sens et la vitesse de direction” (source inserm). On peut vulgariser l’emploi de l’effet doppler dans le cas de la reproduction animale :

Cet effet va permettre à l’échographiste de contrôler l’irrigation d’une structure, en pratique cela peut être l’activité sanguine d’un corps jaune ou d’un follicule sur la vache par exemple. Cela permet d’être encore plus précis dans l’analyse et de ce fait dans le résultat du diagnostique.

Photo echographique corps jaune bovin avec effet doppler montrant l'irrigation du corps jaune

Voir l’effet Doppler en direct sur la vidéo du Liberty Scan: 

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L’ÉCHOGRAPHIE, L’OUTIL INCONTOURNABLE EN ÉLEVAGE POUR LES INSÉMINATEURSS

Inseminateur echographiant une vache

Le métier d’inséminateur a beaucoup évolué depuis qu’il a été créé dans les années 1940. La majorité des techniciens ne sont plus de simples “déposeurs de semence” comme on aurait pu l’entendre il y a quelques décennies. Le métier s’est transformé en même temps que les techniques et les technologies ont évolué pour contribuer à la reproduction bovine. L’arrivée de l’échographie, la semence séxée, la génomique, l’insémination profonde dans les campagnes ont permis aux inséminateurs de se former à de nouvelles techniques et de ce fait, diversifier l’offre des services proposés. En 2022, les nouvelles générations d’échographes permettent encore d’aller plus loin dans la pratique et dans la performance de l’analyse du technicien. Plus puissant, plus léger, plus petit et sans fil, le boum de l’informatique et des nouvelles technologies a entraîné une grande avancée dans l’utilisation des échographes. L’arrivée de l’IA profonde avec XtremiA obligeant une échographie pour connaître le côté ovulatoire a aussi participé à l’équipement de beaucoup de coopératives et de formation en colaboration avec l’ANFEIA.

L'échographie : l'outil de contrôle de gestation !

Le principe est d’échographier l’utérus de la femelle pour vérifier la présence ou non d’un embryon. La demande des éleveurs pour des constats de gestation est presque systématique que ce soit en bovin laitier ou allaitant. Elle permet de savoir si la femelle est bien gestante ou s’ il faut la remettre à la reproduction, cela permet de gagner du temps sur ses décisions !

Cette demande est de plus en plus précise pour certains éleveurs, par exemple : dater l’âge des embryons ou encore faire des constats de gestion à 35 jours. Ces informations sont devenues possibles grâce aux nouvelles technologies d’échographes et au développement de nouvelles compétences d’analyses par les techniciens inséminateurs ! De nos jours, il est primordial pour l’inséminateur d’avoir un matériel précis et efficace pour réaliser ce travail dans de bonnes conditions. 

Ce niveau d’analyse est souvent possible avec tous les échographes, et avec différents types de sondes, de la linéaire à la convexe en passant par la curve. 

Image echorgaphique de jumeaux de vaches

Jumeaux visibles sur un échographe

“J’ai commencé avec de vieux échographes maintenant j’utilise le Liberty Scan qui est super léger, avec une tablette indépendante de la sonde, ce qui est pratique pour se déplacer dans l’élevage ainsi que pour montrer des choses à l’éleveur en lui passant la tablette.

Très belle image, on distingue facilement les cas problématiques, et même l’irrigation du corps jaune pour vérifier l’activité des ovaires.

C’est un compagnon essentiel à mes suivis repro, mes poses d’embryons ou mes XtremiA !”

Fabien, Inséminateur CECNA depuis 8 ans, spécialisé dans le suivi repro depuis 4 ans.

Fabien Leblanc inseminateur tenant un échographe devant une vache avec l'éleveur à côté
Echographie corps jaune cavitaire bovin

Corps jaune visible sur un échographe

echo corps jaune cavitaire bovin

L'échographie : l'outil pour le suivi de la santé des ovaires et de l'utérus

 Les échographes plus performants peuvent donner plus d’informations aux techniciens, inséminateurs ou vétérinaires, notamment au niveau des ovaires, ces derniers peuvent ainsi proposer d’autres services que le constat de gestation comme le suivi de reproduction ou l’aptitude à l’IA (Insémination Artificielle).

 Ils sont souvent munis de sondes linéaires qui permettent une lecture plus facilitée même si de nouvelles sondes comme les curves le permettent également. Celles-ci requièrent une formation spécifique mais, associées à un équipement adéquat, elles permettent aux inséminateurs de pouvoir prodiguer des conseils pointus sur l’activité ovarienne de l’animal et donc des conseils encore plus avisés sur la reproduction.

 Les éleveurs sont de plus en plus clients de ce service qui leur permet de gagner du temps et de l’efficacité sur la mise à la reproduction de leurs femelles. Les interventions de l’opérateur permettent de détecter plus facilement les troubles à la reproduction et les femelles improductives, mais aussi d’apporter des solutions à ces problèmes. 

 

Les principaux soucis que le suivi échographique permet de repérer et corriger :

Femelle en anoestrus

Une femelle dont le cycle classique d'ovulation n'a pas encore repris suite au vêlage !

Troubles de la cyclicité

Un cycle bloqué dans une phase ne permettant plus l'ovulation tous les 21j

Structures anormales

Une structure anormale perturbe la dynamique naturelle des hormones qui impacte le cycle

Utérus non sain, infecté

Un utérus non sain diminue fortement les chances de réussite à l'IA et d'implantation de l'embryon

Envie d’en savoir plus sur les échographes ? Continuez votre lecture avec le second article de cette série sur l’échographie ! 

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COMMENT BIEN DÉCLARER SES INSÉMINATIONS EN TANT QUE IPE ?

Photo inséminatrice IPE avec ses pistolets IA et vaches Holstein

Avec plus de 795 824 IA déclarées en 2020 par les IPE (éleveurs inséminateurs), ce qui représente 12% des IA sur l’hexagone, le nombre d’IA mal déclarées est aussi en constante évolution. Les IA mal déclarées entrainent un soucis dans la généalogie du veau et, si l’on souhaite le garder ou le vendre il faudra alors faire une filiation pour valider sa parenté (souvent couplé à du génotypage). Pourquoi tant d’erreurs ? La déclaration auprès du SIG (Système d’Information Génétique) n’est pas chose aisée, de multiples causes sont à l’origine, les principales : mauvais taureau déclaré, taureau non agréé, éleveur non déclaré comme étant IPE, date de déclaration dépassée, etc… La dernière cause représente 20% des IA déclarées ! 

Même au sein des coopératives agricoles, les corrections d’IA sont courantes ! Mais alors comment être sûr que son IA sera bien déclarée ? Quelles sont les règles et les points de vigilance ? 

Quelques rappels des règles :

60j maximum

C'est le délai maximal pour déclarer votre IA, au delà des 2 mois votre IA ne pourra pas être déclarée !

Bien être déclaré auprès de son EdE

Avant de pouvoir déclarer toutes IA il faut que l'éleveur soit bien déclaré auprès de son EdE et que son dépôt de semence (sa cuve) aussi !

Bien vérifier les infos

Au delà de la faute de frappe et malgré les outils numériques qui assistent les éleveurs, il peut y avoir des erreurs de taureaux notamment avec d'anciens taureaux qui ont des noms similaires. Toujours vérifier le numéro par sécurité !

Où et comment déclarer mes IA ?

Pour bien déclarer vos IA, il vous faut les informations suivantes :

  • La date de l’IA
  • Le numéro national de la femelle
  • Le numéro national du taureau
  • Le type de la semence

La déclaration peut se faire par papier auprès de votre EdE en vous affranchissant, en plus du prix de la déclaration, du prix d’envoi. Mais de nos jours de nombreux outils éleveurs permettent de déclarer les IA, Boviclic, E-cownect, Breeder, et bien d’autres qui vous permettront de déclarer facilement vos IA. Les tarifs dépendent des outils utilisés. 

Une déclaration via l’application Eye Breed est quant à elle gratuite !

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LA SEMENCE SEXÉE, UN OUTIL INDISPENSABLE À VOTRE ÉLEVAGE ?

photo vache et son veau montbéliard

Mais que se cache derrière cette technologie qui ravit chaque année des milliers d'éleveurs ?

La semence sexée vient d’une méthode inventée dans les années 1980 et qui a été brevetée et mise en place par la firme Américaine Sexing Technology en 2003. Elle est arrivée dans les coopératives d’insémination dans les années 2009. Le tri se fait par cytométrie de flux. Le principe est simple, la différence entre un spermatozoïde mâle et femelle est le chromosome X et Y distribué aléatoirement après la méiose. Le pourcentage de chance d’obtenir le sexe voulu, mâle ou femelle, est de 90%. Pour l’instant les outils ne permettent pas de rendre plus fiable la semence. Toutefois ce tri a pour avantage aussi de retirer les spermatozoïdes anormaux pour avoir une qualité de semence plus grande.

 

Graphique de separation chromosome x et y suivant especes animales
 
Le tri des chromosomes X et Y

Le tri des spermatozoïdes se fait simplement par rapport au poids. En effet, le chromosome X pèse 3,8% plus lourd que le Y de manière significative en bovin. 

L’ADN du spermatozoïde est donc mis en fluorescence sans l’endommager, le chromosome X étant plus lourd émettra plus de fluorescence et il ne reste plus qu’à la machine de mesurer le taux de fluorescence et de trier en fonction.

Quelles applications pour l'élevage ?

L’utilisation de la semence sexée permet à l’éleveur d’avoir le choix et il peut s’avérer très important ! Que ce soit pour l’éleveur qui cherche à performer en génétique, celui qui souhaite avoir un bon renouvellement ou encore pour valoriser mieux les produits pour la vente. Aujourd’hui l’utilisation de la semence sexée représente 429 581 IA en France en 2020. Après 4 ans de diminution, en 2020 elle a augmenté de 9,5% ! Surtout utilisée en race laitière : 32,6% des IAP sont faites en semence sexée, aussi bien en sexée mâle que femelle ! (Sources Idele)

 

Renouvellement du cheptel

Pour garder un nombre suffisant de femelles en élevage notamment laitier pour la production ou pour augmenter son cheptel, le nombre de veaux femelles par an est important. C’est là que la semence sexée est un outil pratique pour gérer la variabilité du sexe et truquer les dés en se sécurisant un nombre de femelles sûr. Cela évite l’achat de femelle à l’extérieur et des désagréments liés à cela.

photos veaux holstein dans la paille
photo laboratoire avec ordi et brin d'ADN

Catalyseur d'amélioration génétique

La semence sexée permet d’être sûr d’avoir une descendance femelle pour garder la génétique d’une vache que l’on souhaite conserver et améliorer. Ainsi en mettant un bon taureau sexé avec une bonne femelle, la descendance femelle sera toujours présente au sein du troupeau. Ceci est encore plus efficace si les vaches sont génotypées et que l’éleveur sait quelles femelles sont à fort potentiel.

 

Meilleure valorisation des produits

La valorisation des veaux en fonction des filières est très disparate. Par exemple des veaux mâles engraissés ont des prix de vente souvent plus élevés surtout en élevage allaitant. La semence sexée mâle permet d’obtenir des produits mieux valorisés à la vente. Quant à la semence sexée femelle, elle permet de vendre des femelles pleines mieux valorisées.

photo de veaux charolais dans une case

Les points de vigilance à avoir !

La semence sexée reste des doses bien plus chères que la semence classique, et elle est aussi moins fertile dû au traitement de la semence qu’elle subit et du fait que la concentration d’une paillette sexée est moindre qu’une paillette conventionnelle : 2,1 millions de spermatozoïdes contre 18 millions. On estime ainsi une perte de 10% de la fertilité (cette valeur varie en fonction de la race de l’animal et du taureau).

 

Coût plus élevé

Une semence sexée est en moyenne de 50€.

Fertilité moins bonne

Une perte de 10% en moyenne est à pévoire.

Pour pallier à tout cela, il faut être vigilant sur sa repro et échanger avec un expert (vétérinaire, inséminateur, etc…) pour inséminer en optimisant la reproduction. Le planning d’accouplement est aussi un bon outil à coupler avec la semence sexée pour optimiser et bien cibler les femelles choisies. Enfin pour réduire la perte de fertilité, il faut favoriser l’utilisation sur génisse qui a un meilleur taux de fertilité. Sinon il existe des outils comme XtremiA permettant d’amener au bout de la corne le faible nombre de spermatozoïdes et donc d’éviter cette perte de charge le long de la remontée de l’utérus. Cela permettrait de revenir sur un taux de fertilité semblable au conventionnel et de gommer ce malus de 10% de fertilité ! 

Interview d'éleveur sur la zone XR REPRO qui utilise la semence sexée pour valoriser ses produits et améliorer sa génétique. Et grâce à XtremiA ses résultats sont excellents !

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LES RÈGLES D’OR DE LA DÉCONGÉLATION DES PAILLETTES D’IA

photo de decongelation paillette IA avant une insemination

En tant qu’éleveur IPE ou inséminateur, vous savez que pour la réussite d’une IA, le bon timing, le geste et la vache ne sont pas les seuls critères influençant la réussite. La phase de décongélation de la semence reste une phase critique de l’insémination. En effet c’est l’instant où la semence est la plus vulnérable ! Entre les UV, le choc de température et l’eau, il faut être extrêmement vigilant ! Et c’est pourquoi nous vous présentons quelques règles de base mais essentielles pour bien décongeler votre paillette et ainsi préparer au mieux votre insémination !

Rappels des étapes de la décongélation de semence :

Dose insemination prise dans la cuve azote avec pince brucelles
Les étapes clés de la décongélation :

  1)  Veuillez à bien identifier sur le plan de cuve la bonne paillette (nom du taureau et le numéro).

  2) Sortir la paillette du container en remontant le canister approprié. Attention de bien garder le canister en dessous du col de la cuve pour garder les paillettes dans la fumée de l’azote pour ne pas les réchauffer.

  3) Manipuler les doses seulement avec une pince Brucelles que vous aurez mis quelques secondes dans la cuve pour la refroidir. Éviter le contact avec les doigts pour ne pas réchauffer la paillette.

  4) Mettre la dose dans un décongélateur à 36°C (38°C max). Un thermomètre dans le décongélateur permet de vérifier que la température est bonne. Laisser la paillette au minimum 20 secondes et 1 min maximum.

  5) Au bout de 20s-30s sortir la paillette de l’eau (vous pouvez utiliser vos doigts), puis essuyer bien la paillette avec un papier propre. Attention l’eau est spermicide !

  6) Une fois bien sèche, vous pouvez l’insérer dans votre pistolet au préalable chauffé avec un tissu. Attention à garder le bout serti vers la sortie du pistolet et le côté coton vers le début. Couper le bout de la paillette d’un coup net avec des ciseaux ou un coupe paillette.

   7) Placer votre gaine sur le pistolet et placez le pistolet au chaud pour éviter que la semence ne baisse trop en température et reste proche des 36°C. Si vous le mettez dans votre dos, pensez à mettre un gant pour éviter de contaminer l’embout du pistolet qui dégraderait la semence lorsqu’elle sortira.

Coupe de la partie serti paillette semence avant insemination

Ces étapes sont à réaliser le plus rapidement possible pour préserver la semence des chocs thermiques, de l’humidité et de l’UV du soleil.

Les règles de la décongélation :

Quelques astuces pour éviter de perdre en fertilité, car dès lors que la paillette est décongelée, seulement la moitié des spermatozoïdes sont fléchants, c’est à dire avec une bonne motilité et dans un seul sens.

Rester propre

Pensez à votre espace de travail. Une table, la cuve à portée, des essuie-tout propres et votre plan de cuve bien lisible. Pour l'IA, l'utilisation de chemises sanitaires diminue encore plus le risque de contamination de la semence.

Éviter les chocs thermiques

Que se soit entre la cuve et le décongélateur ou entre le décongélateur et l'animal, on fait attention. Vérifiez aussi régulièrement la température et le bon fonctionnement du décongélateur avec différents thermomètres.

Éviter les UV et l'eau

Les UV du soleil et l'eau sont spermicides, évitez de laisser trop longtemps la paillette à l'air libre pour éviter les pertes de fertilité dû aux UV. Quant à l'eau, il faut bien penser à essuyer la paillette avant l'IA et faire attention à la transpiration si on met le pistolet dans le dos sans protection.

Attention à la cuve d'azote

Conservez votre cuve dans un endroit sec à l'abri du soleil afin d'éviter toute détérioration de la cuve. Une cuve percée perdra plus rapidement de l'azote, et s'il n'y a plus assez d'azote, vous perdrez toutes vos doses ! De plus, évitez de garder la cuve ouverte trop longtemps.

Le saviez-vous ?

cuve azote avec paillette
De quoi sont faites les paillettes ?

La fabrication des paillettes est faite de telle sorte que d’un côté vous avez deux cotons entre lesquels il y a de l’alcool polyvinylique en poudre et poreux, ce qui permet une aspiration de l’autre côté de la paillette qui est ouverte et qui va attirer la semence jusqu’au premier coton. Une fois le premier coton humide, il humidifie l’alcool polyvinylique qui se durcit et rend ce côté imperméable. L’autre côté est ensuite serti.

 

Des applications pour mieux gérer votre plan de cuve !

Les applications éleveurs classiques proposent une gestion de cuve classique sous forme de tableaux, mais il existe depuis peu des applications dédiées à la gestion de vos cuves. Gestion visuelle des cuves avec lien direct avec la liste des taureaux nationaux, historique des mouvements, et bien d’autres.

Sur la CECNA, une application sur le site www.plandecuve.fr est disponible. L’outil Breeder d’Eilyps propose lui aussi un plan de cuve similaire.

 

application plan de cuve cecna devant une cuve azote

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COMMENT SE DÉCLARER ELEVEUR INSEMINATEUR (IPE) ?

éleveuse IPE prête à aller inséminer avec champs et batiment devant

En 2020, 12 % des IA premières déclarées étaient réalisées en IPE (insémination par l’éleveur), un nombre qui devrait encore augmenter dans les années à venir car il est en constante évolution depuis 2008. Entre 2019 et 2020 c’est 10% de nouveaux éleveurs qui se sont mis à l’IPE. Une tendance que l’on retrouve surtout dans les régions d’élevage laitier et les zones de très faible densité d’élevage. Le nombre total d’IA déclarées par ces éleveurs via les EdE en 2020 est de 795 824.

infographie evolution du nombre IPE en France

 

Pour inséminer au sein de leur troupeau, ces éleveurs sont soumis à une réglementation pour la déclaration de leurs IA. En effet, ils ont un mois pour les déclarer auprès de l’EdE de leur zone.

Le rôle de l’EdE, ou établissement de l’élevage, est de gérer l’identification des bovins, ovins, caprins, porcins, ainsi que l’enregistrement des ateliers de poules pondeuses.  Cette identification animale concerne tous les détenteurs, quel que soit le nombre d’animaux, et indépendamment de la destination de l’élevage

Rappel des avantages de devenir IPE :

eleveur ipe insemine une vache
  • Devenir IPE c’est être plus autonome sur son exploitation, en reprenant la main sur la gestion de la reproduction de son troupeau, l’éleveur est libre de choisir ses semences et de mettre en place son plan d’accouplement.   
  • C’est également un gain de temps, et plus de liberté dans l’organisation de ses journées de travail, car plus besoin d’attendre l’inséminateur et bloquer les vaches.   
  • Un gain de temps, mais aussi d’argent, avec des factures allégées.   
  • C’est aussi une meilleure fertilité en inséminant au bon moment et assurant le bien-être animal.   
  • Pour finir, en passant IPE, l’éleveur donne un nouveau souffle à son activité en apprenant une nouvelle technique d’élevage et en devenant plus pointu dans son atelier repro.   

Avant de penser à se lancer dans l’insémination par l’éleveur, il faut prendre le temps de se former pour éviter tout risque d’échec lors des IA. La majorité des formations proposent non seulement des ateliers pratiques mais des rappels de la physiologie et de l’anatomie des vaches ainsi que les bonnes pratiques de l’IA telles que les règles d’or de la décongélation.

Les déclarations pour devenir IPE :

 

L’éleveur doit être en conformité avec son EdE, en effet, toute activité d’insémination par l’éleveur et dépôt de semence congelée doit être déclarée auprès des services de l’Établissement d’Élevage de votre département :

  • Demander à son EDE un dossier d’inscription IPE et leur retourner complété, l’EDE délivre ensuite un numéro d’enregistrement zootechnique pour l’éleveur IPE.
  • L’éleveur doit aussi faire sa déclaration de dépôt de semence à l’EdE (c’est-à-dire la cuve d’azote où seront stockées les semences). Il sera nécessaire d’indiquer le lieu de dépôt avant la mise en service de la cuve.

Ces deux étapes sont indispensables pour que les IA déclarées par l’éleveur IPE soient validées auprès du Système d’Information Génétique (SIG) bovin.

Une fois officiellement reconnu IPE, il doit, durant son activité, s’acquitter de certaines tâches administratives :  

  • Assurer la traçabilité des doses en tenant un inventaire des doses de sa cuve avec les entrées et les sorties.
  • L’éleveur IPE doit enregistrer toutes les inséminations dans le Système national génétique (SNIG) dans un délai d’un mois maximum à compter du jour de l’acte de mise en place. La déclaration peut se faire via son Ede ou des outils éleveurs tels que Boviclic, e-cownet ou encore l’Eye Breed. Ce dernier reste la seule application proposant de déclarer les IA gratuitement !
  • L’éleveur IPE doit tenir à jour le registre de monte de l’élevage : si l’éleveur fait prélever ses taureaux, il doit tout d’abord déclarer ses taureaux auprès de l’EdE puis tenir l’inventaire des doses et enregistrer les inséminations.  

En conclusion, pour pratiquer l’IPE il ne faut pas oublier la partie administrative, sans quoi vos IA ne seront pas validées et vous devrez faire de la filiation pour valider la généalogie et donc un surcoût inutile. Inséminer son troupeau ce n’est pas juste maîtriser un geste technique, c’est aussi se former et s’organiser.   

 

 

Un document de l’IDELE résume et étaye cet article, vous y retrouverez les infos principales listées plus haut, mais pour quelques autres détails, n’hésitez pas à aller consulter ce PDF. Et pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous tourner vers votre EdE local.

Si vous hésitez encore à passer à l’insémination par l’éleveur, découvrez les témoignages des éleveurs IPE utilisateurs de l’outil Eye Breed. 

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